Place à l’italienne aménagée en 1760, elle s’inscrit parmi les opérations urbaines d’embellissement et d’ouverture de la ville de Bordeaux, initiées par l’Intendant Tourny. Lors de la construction de la Place Royale (Place de la Bourse), il décida de créer un nouveau percement, la Rue Royale, actuelle Rue Ferdinand-Philippart, et la Place dite du Marché Royal.

Un style “rocaille”

A la Révolution, la place fut rebaptisée Place de la Liberté, et adopta enfin son nom actuel en 1753, en l’honneur de l’ancien Parlement de Bordeaux, supprimé en 1790. Celui-ci était installé en novembre 1462 dans le tout proche Palais de L’Ombrière : il comptait parmi ses membres les plus célèbres Montaigne, Charron, ou encore La Boétie.

Remarquable par son harmonie et la finesse de son architecture, la place est bordée d’immeubles de du XVIIIe siècle, de style Louis XV, ou «rocaille». Arborant des façades opulentes et généreusement décorées à l’image du passé glorieux de Bordeaux, ce quadrilatère de pierre reprend les mêmes codes architecturaux que la Place Royale, avec une sagesse et un ordonnancement élégant : le style « Portier ». Les façades s’organisent en travées sur trois niveaux : un premier à vocation commerciale remarquable pour ses baies voûtées; et deux autres niveaux d’habitation richement ornés de mascarons et d’agrafes, et surmontées de balustrades et de balcons en fer forgé.

La Fontaine

Au centre trône une fontaine datant du Second Empire, conçue en 1865 par l’architecte de la ville Louis-Michel Garros. A cette époque, afin de pallier les problèmes d’adduction d’eau potable de la ville, la municipalité engage la construction du nouvel aqueduc de Thil, s’étendant sur 12 kilomètres, qui permet alors d’approvisionner la ville depuis la source de Saint Médard en Jalles. Cette infrastructure initiée en 1854 et mise en service le 15 août 1857, offre les moyens à la municipalité de créer de multiples points d’eau et fontaines dans la cité, comme celle de la Place du Parlement.

De style néo-rocaille, un brin baroque, la fontaine s’intègre parfaitement dans l’ambiance et le ton pierre dorée de la place. Son bassin circulaire est alimenté par l’eau qui s’écoule de la bouche des mascarons, personnages barbus et chevelus, rappelant ceux des façades de la Place. Au sommet, des visages féminins et doux, création du sculpteur bordelais Edmont Prévot, surplombent l’ensemble de l’œuvre de Michel Garros. Des volutes supportant la vasque viennent agrémenter le piédestal.

La Place du Parlement et la Place de la Bourse se complètent, l’une étant le prolongement de l’autre, et dégagent des perspectives réciproques. Depuis la Fontaine des Trois Grâces Place de la Bourse, l’on aperçoit dans l’axe de la rue Ferdinand Philippart, la Fontaine de la Place du Parlement. Et inversement. Celle-ci a été inscrite sur la liste des Monuments Historiques le 17 avril 1952 et fait partie du périmètre protégé au titre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Crédit photos : Asgeir Pedersen Spots France
Sources : Wikipedia, 33 Bordeaux, Cityzeum, Monuments de Bordeaux