Ancien faubourg industriel et populaire de Bordeaux, la Bastide se métamorphose aujourd’hui en un quartier apaisant, jardin bucolique et modern, offrant une cadre de vie serein et des perspectives inattendues sur les façades du XVIIIe de la rive gauche. Le bourg médiéval de la Bastide disposait de deux petits ports sur la Garonne : l’un deux, le « port de la Bastille » protégé par des murs d’enceinte, a sans doute donné son nom au quartier.

Vivant de ses vignes et du commerce du vin, il observe une première mutation après la construction du Pont de pierre en 1820, qui modifiera totalement sa vocation et sa morphologie : les équipements militaires et industriels remplacent les vignes. Les héritages de cette période sont bien visibles dans le paysage de la Bastide : la Gare d’Orléans de 1862 et sa verrière de 90m de long dont subsistent la façade du pavillon et l’aile (abritant désormais le cinéma multiplexe), la Caserne Niel de 1876, réhabilitée en écosystème associatif et pépinière d’entreprises, et les Grands Moulins de 1921 encore solidement implantés sur la rive droite de la Garonne. Après plusieurs décennies de déclin industriel et de paupérisation, le quartier connait une revitalisation dans les années 2000, grâce à de grands projets de rénovation urbaine et de désenclavement avec l’arrivée du tramway.

Détail du Lion Bleu par Xavier Veilhan

La Place Stalingrad et le Lion

La Place Stalingrad constitue une vaste esplanade dans l’alignement du Pont de pierre et de l’avenue Thiers, et s’articule autour de la station de tram du même nom, faisant hommage à la victoire de l’armée soviétique durant la Seconde Guerre Mondiale. Sa curiosité réside dans la présence d’un majestueux lion d’un bleu ciel éclatant, dominant fièrement la place. Cette structure de métal et de résine polyester mesure 8 mètres de long sur 6 mètres de haut : une œuvre originale confiée à l’artiste français Xavier Veilhan. Celui-ci a développé son œuvre autour des bestiaires animaliers et des représentations graphiques génériques qui parlent à l’imaginaire collectif.

Ce lion, figure animalière familière et reconnaissable de tous, s’impose comme un repère visuel dans le paysage de la place. La sculpture a été réalisée à partir d’un logiciel permettant de moduler les formes, en pixelisant les volumes de l’animal. Le lion acquiert alors une plastique géométrique et un aspect presque virtuel dans un environnement de pierre.

Le Parc aux angéliques

Angélique car bucolique et onirique, propice à la flânerie et la sérénité… mais le parc tient son nom avant tout d’une espace végétal endémique : l’angélique des estuaires, qui ne pousse que dans les zones d’estuaires (Loire, Charente, Gironde, Adour et Nivelle). Situé sur d’anciens terrains rachetés par la ville de Bordeaux au port autonome, le parc s’étire depuis le Pont de pierre au Pont Chaban Delmas formant une agréable promenade tout le long des berges. Le paysagiste Michel Desvigne a structuré l’espace autour de bandes d’arbres plantées perpendiculairement à la Garonne, laissant des points de vue toujours dégagés vers le fleuve et les édifices incontournables de la rive gauche : Bourse Maritime, Place de la Bourse, colonnes des Quinconces.

Parmi les 45.000 plantes appartenant à des espèces indigènes, les frênes, les érables, les merisiers, les charmes créent de l’ombre sur les vastes prairies rustiques ou fleurie, terrain idéal pour pique-niquer et faire la sieste paisiblement.

Le quartier Bastide réveille la curiosité du photographe, tant pour son patrimoine industriel, ses curiosités artistiques et ses richesses paysagères : dans un cadre de verdure sobre et champêtre, la majesté des façades néo-classiques en pierre blonde de la rive gauche ressortent, de jour comme de nuit, avec un panache exceptionnel.

Crédit photos : Asgeir Pedersen Spots France
Sources : Bordeaux Metropole, Bordeaux Tourisme, Wikipedia, Caruso33, Bordeaux.fr, Observatoire33