Margot est la maîtresse de maison de son bar à vins-restaurant à quelques pas de la place Camille Jullian, à Bordeaux.

Nous avons rencontré Margot qui a ouvert « La Maison de Margot » comme une extension d’elle-même, un lieu qui bouillonne de possibilités. Faire le choix des passions plutôt que des étiquettes ; entretien avec cette entrepreneure qui vit à cent à l’heure.

Bonjour Margot !

Anaïs : Quelques adjectifs pour vous décrire ?

Margot : Curieuse ! J’aime chercher les idées, les nouveautés et découvrir. Un peu perfectionniste, j’ai le soucis du détail et du travail bien fait, j’ai à coeur la satisfaction de mes clients, je suis donc exigeante avec moi même et avec le personnel. Passionnée… je fais les choses qui me plaisent et avec coeur.

Anaïs : Parlez-nous plus de vous ? Qui êtes-vous ?

Margot : Quelqu’un qui n’aurait pas assez de sa vie pour faire tous les métiers qu’elle voudrait faire (rire)

Je suis originaire des Vosges mais la vie m’a fait atterrir à Dijon après ma licence de sociologie, là-bas, j’ai été piqué de curiosité pour le vin ; j’ai donc suivi une formation en viticulture et oenologie au lycée viticole de Beaune.

Des professeurs géniaux m’ont fait découvrir le vin et la vigne et je me suis passionnée pour cela. Après cette formation j’ai trouvé un travail de vendeuse en caveau de dégustation au château de Corton André à Aloxe Corton où je suis restée pendant 1 an et demi. Mais je rêvais de faire du vin, d’être dans les vignes, pas dans l’oenotourisme ; j’ai arrêté et changé totalement de direction.

À l’époque, en 1993, il n’y avait pas vraiment de cursus d’études dans le vin comme il en existe pléthore aujourd’hui et être une femme n’aidait pas…

Mon compagnon de l’époque était délégué médical et j’ai eu alors l’opportunité de pouvoir intégrer une école réputée à Paris, pour y suivre une formation de 6 mois de visiteur médical. J’ai trouvé immédiatement un emploi à la sortie et je suis restée dans ce milieu pendant 18 ans.

Lassée et fatiguée par ce métier, j’ai profité d’un plan social en 2014 pour laisser le labo et revenir à mes premiers amours : le vin. J’ai donc quitté l’Auvergne où je vivais depuis 15 ans avec mes 2 enfants et nous avons emménagé à Bordeaux en 2015, ville où j’avais décidé de suivre différentes formations. La première de conseiller en sommellerie au CAFA Formation, puis l’IPC Vins en 2016-2017. Enfin l’an dernier j’ai terminé par un Programme de Management général à Kedge afin de parfaire mes connaissances, monter mon projet d’entreprise et gagner en réseau.

Depuis j’ai ouvert cette boutique bar à vins restaurant et cela va me prendre quelques années à venir… j’adore mon nouveau métier, je rencontre des gens de partout et de tous âges et c’est génial.

La Maison de Margot et sa sélection de vins bios

Anaïs : Comment passe-t-on d’une passion pour le vin, à l’ouverture d’un restaurant-bar à vins ?

Margot : J’avais besoin de donner du sens à mon travail ou plutôt, d’avoir un travail qui ait du sens.

J’avais aussi besoin de reconnaissance et besoin d’exprimer des choses auxquelles je crois et de les partager. J’ai fréquenté dans ma vie quelques établissements (salons de thé, restaurants, boutiques de vêtements atypiques) qui m’ont marquée par leur caractère, leur ambiance, leur concept et je me suis toujours dit que j’aimerais aussi un jour avoir ma boutique et accueillir des clients dans un cadre qui me correspond.

Je cuisine tous les jours, ma grand-mère a appris à cuisiner à ma maman et j’ai appris en la regardant à mon tour et plus tard en lui téléphonant pour savoir comment faire telle ou telle recette. J’ai eu la chance de manger des produits sains et de saison, il y a eu une vraie transmission de savoirs culinaires que j’ai à coeur de conserver (j’ai même failli faire un CAP cuisine avant de rentrer en école de sommellerie).

Le vin est fédérateur, il rapproche les gens et les âmes ; c’est un produit unique et magique, il est le produit de convivialité par excellence, il rapproche et crée du lien.

Quoi de mieux qu’un restaurant-bar à vins pour combiner mes passions ?

Un décor baroque chez La Maison de Margot

Anaïs : Mais finalement, votre bar à vins n’est pas “que ça” ? Vous nous expliquez votre originalité ?

Margot : Mon originalité réside peut-être dans un ensemble : le lieu est atypique et unique à Bordeaux, la décoration est réfléchie par rapport à mes goûts uniquement et pas par rapport à l’air du temps.

J’ai choisi et chiné les meubles, j’ai mis des fleurs partout car j’adore leur poésie, j’ai choisi une fresque Ananbô représentant Pondichéry au 18ème siècle car je la trouve incroyablement belle et elle me permet de m’évader un peu… Elle est une part fondamentale du décor et ne cesse d’étonner les clients. Avec un tel local je ne pouvais pas faire n’importe quoi et il était important de le respecter tout en lui rendant de l’éclat.

L’autre point d’originalité repose sur mon concept multiple : restaurant le midi avec une cuisine familiale et savoureuse, salon de thé, caviste, bar à vins bio uniquement et décoration avec les verres La Rochère et de la décoration danoise Chic Antique.

Enfin sur mon offre je propose également de louer ma seconde salle (il y a une seconde porte d’entrée) pour un événement ou à une marque qui chercherait un local. Les privatisations sont possibles. C’est une sorte de restaurant-café-boutique.

Anaïs : Le choix du quartier ? Pourquoi lui plus qu’un autre ?

Margot : Je n’ai pas choisi le quartier ni le local, c’est lui qui m’a choisie : quand je l’ai découvert, plus aucun autre n’a eu d’intérêt à mes yeux. Un vrai coup de coeur et je ne le regrette pas car il règne une atmosphère et de bonnes ondes paraît-il…

Et non seulement il m’a conquise par sa beauté (j’adore les vieilles pierres, les châteaux, les églises…) mais également par son histoire puisque c’est l’ancien couvent de la Merci dont les moines ont joué un grand rôle dans la traite négrière en rachetant les esclaves.

Un décor surprenant en plein Bordeaux

Anaïs : Qui sont vos clients ? D’où viennent-ils ?

Margot : bordelais, touristes français, touristes étrangers, ils viennent de partout. Les bordelais reviennent déjà, pour les touristes c’est forcément un peu plus compliqué…

Quoi qu’il arrive, je prends le temps de les conseiller, leur expliquer la carte, mes plats, et de discuter avec eux. Quand je vois des étoiles dans les yeux de mes clients parce qu’ils hallucinent sur le décor ou sur les plats, c’est ma plus grande satisfaction et je me dis alors que j’ai réussi mon pari.

Anaïs : Bio, local, sont des préoccupations d’époque, ce sont les vôtres aussi ?

Margot : oui c’est important mais je ne suis pas une intégriste du bio dans la nourriture car c’est d’abord plus difficile à trouver, et c’est aussi beaucoup plus cher alors parfois je préfère miser sur de bons produits frais peu traités que des produits totalement bio.

Mais oui, je peux assurer la traçabilité de mes produits.

Concernant le vin bio, certains consommateurs ont encore une image très négative ; les cavistes bio sont de plus en plus nombreux et j’espère aussi contribuer avec mes vins à faire changer les mentalités.

Des plats préparés avec soin par Margot

Anaïs : Comment se passe une journée “type” ?

Margot : Journée type : arrivée vers 8h30-9H je prépare le menu du jour : entrée, plats, desserts. L’après midi c’est salon de thé et du jeudi au samedi j’enchaine sur l’afterwork et le bar à vins. Globalement les journées sont de longues journées…

Anaïs : Enfin, votre dernier coup de coeur à Bordeaux ?

Margot : Coup de coeur : le magasin Ressource : les peintures à la chaux que j’ai utilisées pour la déco en viennent ; c’est un plaisir pour les yeux tant par le choix dans les couleurs, les textures, les rendus que par les très beaux papiers peints.

Pour en savoir plus [son site web]